20/11/1904
Abat au cours d'une fusillade 3 braconniers de Geispolsheim dans le cadre de ses fonctions de garde chasse. Aquitté par le tribunal, il est muté par la suite en Allemagne pour éviter une vengance (source orale)
23/11/1904
Sanglant conflit entre
un garde-chasse et des braconniers. Dimanche matin, à 5 heures, le gardechasse
Ulm, de la Société de chasse de
Lipsheim, accompagne de deux gardes
champêtres, a surpris, dans la forêt de
Geispolsheim, cinq braconniers. Une lutte
s'est engagée, au cour* de laquelle deux
des braconniers, les nommés Edel et République,
ont été tués et les trois autres
blessés.
L'un des blessés a été aussitôt transporté
à l'hôpital de Strasbourg, où il n'a
pas tardé à succomber.
Toute la contrée est dans un profond
emoi.
Quelques journaux prétendent que les
gardes-chasse ont tiré sans aucune provocation.
L'un des braconniers, République, a été
recueilli, en 1848, à Geispolsheim, comme
enfant trouvé et a reçu le nom de République,
en souvenir de cette année agitée.
La Bürgerzeitung de Strasbourg apprend
que le groupe de braconniers se
composait de six personnes, dont la plupart
avaient pris des faisans.
L'enquête ouverte va permettre d'établir
exactement Ce qui s'est passé entre les
gardes et les braconniers.
Presse
26/11/1904
Un fonctionnaire assassin. A Strasbourg, trois ouvriers alsaciens tués par un garde-chasse prussien ! Voilà le bilan de la journée , plus deux blessés. Six habitants de Geispolsheim étaient allés en forèt et y avaient pris quatre faisans qu'ils rapporlaienl au village. Ils n 'en étaienl plus éloignés que de cinquante mètres, lorsqu 'ils se trouvèrent en face du garde forestier Ulm , un ignoble juif prussien , redolite pour sa férocité.
Le misérable , sans prevenir les viclimes, fit feu de son fusil à tir rapide. Deux victimes, Edel , vingt-huit ans, (ils du meunier, et Républi que , cinquante six
ans, manouvrier , tombèrent foudroyés ; un troisième ouvrier mourut quel ques instants après, le corps transpercé de deux balles. Le misérable Prussien continua à tirer sur les fuyards et en blessa deux qui
purent heureusement se réfugier dans la première maison du village. Après quoi Ulm rentra tranquillement en forèt et alluma une bonne pipe.Les gendarmes, pressés par l'indignation publique , vinrent l'arrèter à neuf
heures du malin. Il est actuellement sous les verrous à Slrassbourg. Le maire de Geispolsheim, pour calmer les habitants, leur a promis que l'assassin passerait aux assises. Quoi qu 'il en soit , depuis que les Allemands
écrasent sous le lalon de leurs bottes la malheureuse Alsace-Lorraine
, ils ne perdent pas une occàsion , sous prétexte de punir le braconnage ,de démontrer , au prix du sang, que la
vie du gibier est plus précieuse que
celle de l'homme !
C'est beau la civilisalion prussienne. (http://doc.rero.ch/record/179272/files/1904-11-26.pdf)
Presse
21/06/1905
Strasbourg. On écrit de Strasbourg au Journal des Débats : On se souvient de la fameuse affaire de Geispolsheim, provoquée par un gardechasse qui, dans la nuit du 19 au 20 novembre dernier, tua deux braconniers et en blessa trois. Il fut acquitté de ce fait par la Cour d'assises de Strasbourg et a
trouvé, depuis lors, une situation en Lorraine, Mais quatorze habitants de Geispolsheim
ont comparu vendredi en correctionnelle pour se justifier du délit de rébellion et
de résistance à la force armée. Le jour où le parquet de Strasbourg vint sur les
lieux pour reconstituer l'affaire, la foule prit une attitude si menaçante que le
garde-chasse dut être ramené en voiture sous escorte. Les habitantsdu village s'en
prirent alors au garde champêtre Nuss, qui avait servi d'indicateur. Il fut menacé,
maltraité, et il dut se barricader à la mairie où, durant qU'ibétait caché sous
le pupitre du greffier, la foule l'assiégea de Une heure à sept heures de l'aprèsmidi.
Nuss ne fût délivré que grâce à l'intervention de soixante-dix hommes d'infanterie que l'on avait mandés en hâte de Strasbourg, et il dut rester pendant
plusieurs jours enfermé dans la prison municipale pour échapper à la colère de ses concitoyens.
A l'audience, l'exactitude de tous les faits fut reconnue et le ministère public
requît pour chacun des accusés quatre à six mois de prison. Le tribunal se montra
indulgent et condamna dix individus à des peines variant de huit à quinze
jours de prison. Les autres furent acquittés. <a href="http://www.kiosque-lorrain.fr/plugins/NewspaperReader/files/B574636101_Prev35_19050621/B574636101_Prev35_19050621.pdf">voir ici</a>
Presse
16/06/1906
Nous avons raconté en
son temps cette très regrettable fusillade
de Geispolsheim où le garde-chasse
Ulm abattit quatre braconniers qui s'en
revenaient de grand matin de la forêt
voisine. Ulm a bien été acquitté, mais il
a dù quitter le pays où son existence
n'était plus assurée. D'après l'Express,
un nommé Hûbster, son successeur,
serait maintenant la victime innocente de
la réprobation publique. Il ne se passe
pas une semaine sans qu'il soit en butte
à des injures de la part d'une partie de la
population et constamment le rôle du tribunal
correctionnel ou des échevins est
chargé des faits de cette nature.
Le parquet a décidé de correctionnaliser
désoi mais tentes les contraventions
similaires et d'appliquer des peines de
prison au lieu des amendes habituelles.
C'est ainsi que trois jeunes gens de
Geispolsheim, qui ont chanté au garde chasse
Hûbster la complainte des » victimes
du sanglant Ulm », se sont entendu
condamner chacun à huit jours de
prison. (Le messin)
Presse